Retour à la page d'accueil

Retour à la page précédente

 J6

DEUXIEME EPREUVE

 

Sun Jee SONG

Tomoaki YOSHIDA

Min Sol CHO

Jini CHOI

Dan CONSTANTINESCU

LA PRESSE :

L'Est Républicain.

Jean Prunot, accordeur des grands.

Dans les coulisses du concours, il veille sur le grand queue où se mesurent les jeunes virtuoses.

Ce n'est pas le genre d'instruments qu'on trouve dans une brocante, ni dans le premier magasin de musique venu. Il y a même bien peu de grands interprètes qui en ont un dans leur salon.

Le Steinway grand queue de concert est la Rolls des instruments de musique. Un de ces engins qui s'arrachent encore d'occasion, quand il a joué sur toutes les scènes d'orchestre d'un pays, au fil des locations.

Un piano comme celui qui se trouve au concours, prêté par la quasi cent cinquantenaires société parisienne Hanlet, qui figure parmi les parrains du concours vaut neuf, un poil plus que 100 000 €.

Heureusement, il est moins fragile et se vole moins facilement qu'un Stradivarius ou un Guarnerius. Mais il faut en prendre grand soin, car son mentor Jean Prunot l'accordeur du concours, venu spécialement de Paris, sait bien que contrairement à ces fameux violons, un piano ne se bonifie pas avec le temps comme les vieux vins.

Leur mécanique est pourtant subtile, et la fabrication raffinée, avec toutes ces chevilles métalliques enfoncées à force dans le cadre métallique, avec juste un jeu de quelques microns pour que l'accordeur puisse les tourner avec sa clé, chaque fois qu'il doit user de son art.

« Les cordes de basse sont uniques, ensuite, en montant il y a trois cordes pour chaque note, accordées à l'unisson. Certaines cordes basses sont faites d'un fil de cuivre enroulé autour d'un fil d'acier ».

Il y a plus de cordes dans les aigus afin que le piano sonne aussi bien dans ce registre que dans les graves, sinon son intensité diminuerait à proportion qu'on grimpe dans les sons.

« Les notes les plus hautes sont dépourvues d'étouffoir. La corde vibre librement. Et c'est dans ce registre qu'un piano donne le meilleur de sa couleur ».

Jean Prunot est maintenant à la retraite, mais il ne veut pas s'arrêter d'accorder comme ça. Il a donc accouru quand on lui a proposé de veiller sur le grand queue du Concours d'Épinal. C'est sa vie, il adore ça et la passion de son métier lui a permis d'avoir pour clients de grands pianistes comme Rubinstein, Samson François, Cziffra, « et aussi Michel Legrand, Claude Bolling ! » Jean sera là jusqu'à la fin. Avec un à deux accordages par jour. Voire plus si une corde casse. « C'est rare, à moins d'un candidat genre bûcheron ». On en trouve dans les Vosges, mais ils jouent rarement du piano, et surtout pas avec style.

Guillaume Mazeaud

 

Retour à la page précédente

 Retour à la page d'accueil